Élagueur grimpeur ou nacelle : quelle méthode pour votre arbre ?
Maxime Caradec
Arboriste-grimpeur, CS Taille et Soins des Arbres (2014)
Sommaire
Grimpeur ou nacelle : la réponse en bref
Arb'Ouest choisit la méthode arbre par arbre, au moment du devis. La nacelle est souvent plus rapide quand un camion peut se poser sur un sol porteur, près du tronc. La grimpe sur corde passe partout ailleurs : jardin en pente, pelouse détrempée, portail étroit, branches au-dessus d'une toiture. La grille de prix, elle, suit la hauteur.
Qu'est-ce qu'un élagueur grimpeur ?
Un élagueur grimpeur monte dans l'arbre lui-même, en harnais, assuré par une corde passée sur une fourche solide du houppier. Il se déplace de branche en branche, coupe à la scie ou à la tronçonneuse d'élagage, et descend les morceaux lourds au bout d'une seconde corde, dite de rétention, au lieu de les laisser tomber.
Ce n'est pas un bricolage d'acrobate. Le travail sur corde s'apprend, et il fait partie du Certificat de Spécialisation Taille et Soins des Arbres que Maxime Caradec, gérant d'Arb'Ouest, a obtenu en 2014. Douze ans plus tard, il grimpe sur trois à cinq chantiers par semaine, de Fouesnant jusqu'aux limites d'un rayon de 30 km.
La nacelle, elle, est une plate-forme montée sur un bras articulé, le plus souvent sur un camion. L'opérateur reste dans le panier et le bras le porte au niveau de la coupe. Arb'Ouest dispose des deux : la question n'est jamais de savoir quelle méthode l'entreprise préfère, mais laquelle le terrain autorise.
Quand la corde passe-t-elle là où la nacelle ne passe pas ?
Dans quatre situations, qui couvrent une bonne part des jardins du Finistère Sud.
Le terrain est en pente
Un camion-nacelle doit se caler de niveau sur ses stabilisateurs avant de déployer le bras. Sur un talus ou un jardin en terrasses, ce calage devient impossible ou trop risqué. C'est le cas courant dans les vallées encaissées de Melgven ou sur les coteaux de Plomelin : l'arbre se trouve en bas, et le seul accès praticable est à pied.
Le sol ne porte pas
Un engin de plusieurs tonnes laisse des ornières dans une pelouse d'hiver, et surtout il tasse la terre au-dessus des racines, y compris celles des arbres voisins qu'on ne touche pas. Un sol tassé se draine mal et prive les racines d'air pour plusieurs années. Derrière la dune à Bénodet, le problème est inverse : un sable meuble n'offre pas d'appui stable aux stabilisateurs. Dans les deux cas, le matériel de grimpe se porte à la main et ne laisse aucune trace.
L'accès est trop étroit
Portail piéton, allée entre deux murs, cour fermée derrière une maison de bourg : le camion ne rentre pas, et le bras ne se déploie pas au-dessus d'un mur mitoyen. Dans les cours du centre de Quimper, tout le chantier transite par le seul passage disponible, matériel à l'aller et bois au retour.
Les branches surplombent un toit ou une véranda
Le grimpeur voit la coupe de près, depuis la branche elle-même, et peut descendre chaque section au bout de la corde de rétention avant de la lâcher. Sur un chêne penché au-dessus d'une toiture en ardoise, c'est ce contrôle morceau par morceau qui évite la tuile cassée ou la gouttière pliée.
Dans quels cas la nacelle fait-elle mieux ?
La nacelle a de vrais avantages, et il serait malhonnête de les taire.
Elle est plus rapide sur une série d'arbres alignés le long d'une voie ou d'une allée carrossable, parce que le camion avance d'un sujet à l'autre sans que personne ait à regrimper. Elle est souvent préférable sur un arbre mort ou très dégradé : quand le bois ne garantit plus un point d'ancrage fiable pour la corde, mieux vaut ne pas s'y suspendre. Elle convient enfin aux arbres dont la couronne est trop fine pour porter un homme, comme certains peupliers ou bouleaux montés en hauteur.
La condition reste toujours la même : un sol plat, porteur, et assez de place pour caler l'engin à portée du tronc. Quand ces trois conditions sont réunies, la nacelle apporte du confort et de la sécurité. Quand l'une manque, elle ne se discute plus.
La grimpe abîme-t-elle l'arbre ?
Non, à une condition : grimper sans griffes. Les griffes, ces crampons fixés aux bottes, percent l'écorce à chaque pas et ouvrent autant de portes aux champignons. La règle du métier les réserve aux arbres qu'on abat. Sur un arbre qu'on garde, le grimpeur progresse uniquement sur corde, et la corde passe dans des protections qui évitent de brûler l'écorce par frottement.
Ce qui abîme un arbre, en réalité, c'est la coupe et non l'accès. Une taille mal placée fait le même dégât depuis un panier de nacelle que depuis une branche, et un étêtage reste un étêtage quelle que soit la façon de monter.
La méthode change-t-elle le prix ?
La méthode n'a pas de ligne dans le devis. Le prix se lit sur l'arbre : sa hauteur, son accès, le volume de bois à sortir. Déplacement et évacuation des déchets verts compris.
Pour le propriétaire, cela veut dire une chose simple : il n'a pas à choisir la méthode la moins chère, parce que ce n'est pas lui qui la paie ligne par ligne. Il reçoit un prix pour un arbre, et la méthode est celle qui convient au jardin.
Qui choisit la méthode, et à quel moment ?
Arb'Ouest la choisit lors de la visite qui précède le devis. Le déplacement pour cette visite est systématique sur les 28 communes de la zone. Trois choses y sont regardées : où un véhicule peut se garer, ce que le sol supporte à cette saison, et ce qui se trouve sous les branches.
Le devis part ensuite sous 72 heures, sous une semaine de décembre à février. L'intervention suit sous quinze jours en basse saison, un mois en haute saison. La saison compte aussi pour la méthode : une pelouse qui porte un engin en juillet ne le porte pas forcément après trois semaines de pluie en janvier.
La fiche Google d'Arb'Ouest affiche 4,9 sur 5 pour 38 avis.
Pour aller plus loin
Les techniques de coupe, le calendrier et le déroulé d'un chantier sont détaillés sur la page élagage et taille raisonnée.
Un arbre difficile d'accès ?
Visite sur place avant tout devis, grimpe ou nacelle selon le terrain.
06 58 19 19 32