Une souche ne pose pas d'abord un problème de laideur. Elle occupe une surface où l'on ne peut plus rien faire, et elle continue de travailler pendant des années après la coupe.
Elle arrête la tondeuse. Le carter tape dessus, la lame s'ébrèche, et on prend l'habitude de contourner le coin en laissant une touffe d'herbe haute autour. Sur une pelouse, une souche stérilise une zone bien plus large qu'elle.
Elle rejette. Le saule, le peuplier, le robinier, le laurier repartent du collet dès le printemps suivant : on coupe les rejets, ils reviennent, et l'arbre qu'on croyait abattu réoccupe la place au bout de deux ou trois ans.
Elle empêche de replanter au même endroit. Le volume est pris par le bois et les grosses racines, et un jeune sujet installé juste à côté démarre mal.
Elle pourrit lentement. Une souche de feuillu met des années à disparaître seule, et elle héberge entre-temps champignons lignivores et larves xylophages.
Le rognage broie le bois sur trente à quarante centimètres sous le niveau du sol. Il supprime le collet, donc l'essentiel des rejets, et libère assez de volume pour semer du gazon, replanter ou poser une terrasse. Ce qui reste des racines profondes se décompose sans gêner personne.