Chute d'arbre : ce que votre assurance couvre vraiment

Arb'Ouest
Élagage et soins aux arbres à Fouesnant, Finistère Sud
Sommaire
La réponse en bref
Un arbre qui tombe lors d'une tempête relève en général de la garantie tempête de la multirisque habitation. Un arbre qui tombe sans événement climatique exceptionnel pose une tout autre question : celle du défaut d'entretien. C'est là que se jouent les refus d'indemnisation et les mises en cause de responsabilité.
Quand l'arbre tombe sur votre propre maison
Le code des assurances impose la garantie tempête à tout contrat qui couvre l'incendie : une multirisque habitation la comporte donc forcément. Elle prend en charge les dommages causés au bâti. La plupart des contrats subordonnent son déclenchement à des conditions de vent, appréciées par des relevés météorologiques ou par le constat de dégâts sur les constructions voisines.
Le tronc et la souche ne sont pas toujours couverts. Beaucoup de contrats indemnisent les dommages au bâti mais pas l'évacuation de l'arbre lui-même, ou la plafonnent. Relisez la clause avant d'engager des frais.
Le rognage de la souche sort presque toujours du champ. C'est une remise en état du terrain, pas une réparation de dommage, et elle reste à la charge du propriétaire.
Quand votre arbre tombe chez le voisin
L'état de l'arbre avant sa chute décide de tout. Un sujet sain couché par une tempête et un sujet creux qui finit par céder n'ouvrent pas le même dossier, même si le vent soufflait le même jour.
Tempête sur un arbre sain. L'événement est assimilé à un cas de force majeure. Chaque assureur indemnise son propre assuré, et votre responsabilité n'est pas engagée.
Arbre dépérissant, creux ou visiblement instable. L'article 1242 du code civil rend le gardien d'une chose responsable des dommages qu'elle cause. Un arbre dont l'état était décelable engage votre responsabilité, et votre assureur peut se retourner contre vous ou refuser sa garantie. La tempête ne dédouane pas d'un arbre qui serait tombé de toute façon.
Quand c'est l'arbre du voisin qui tombe chez vous
Votre propre multirisque habitation joue en premier, même si l'arbre appartient au voisin. Vous déclarez à votre assureur, qui indemnise puis exerce son recours s'il y a lieu. Attendre que le voisin reconnaisse une faute avant de déclarer fait perdre du temps, et parfois la garantie.
Si l'arbre était mort, creux ou visiblement penché, écrivez-le dans la déclaration et joignez les photos antérieures que vous possédez. C'est cette pièce qui permet à l'assureur d'aller chercher le voisin, et à vous d'éviter la franchise.
Quand l'arbre tombe sur une voiture
Une voiture écrasée par un arbre relève de l'assurance du véhicule, pas de celle de la maison. Seules les formules comportant une garantie tempête ou forces de la nature indemnisent le propriétaire ; au tiers simple, il ne touche rien de son propre assureur.
Reste alors le recours contre le gardien de l'arbre, quand celui-ci était visiblement dépérissant. La mécanique est la même que pour une toiture, et elle se joue sur les mêmes preuves : l'état de l'arbre avant la chute, et ce que son propriétaire en savait.
Le défaut d'entretien
Le défaut d'entretien est l'argument que les assureurs opposent le plus souvent, et celui que les propriétaires découvrent le plus tard. Un assureur qui constate qu'un arbre présentait des signes de dépérissement (champignons au collet, bois mort étendu, fissure dans une fourche, inclinaison récente) peut le soulever.
La conséquence est double : refus ou réduction de l'indemnisation pour vos propres dommages, et engagement de votre responsabilité pour ceux causés aux tiers. Sur une toiture voisine ou un véhicule, la note monte vite.
Ce raisonnement vaut aussi pour un arbre au bord d'une voie publique. Un propriétaire averti d'un risque et resté inactif est en position très défavorable.
Le délai pour déclarer le sinistre
Le code des assurances interdit à un contrat de fixer un délai de déclaration inférieur à cinq jours ouvrés pour un sinistre ordinaire, et beaucoup de multirisques s'en tiennent à ce minimum. Après une tempête, ces cinq jours filent entre le déblaiement, les artisans à trouver et les proches à rassurer.
En cas d'arrêté de catastrophe naturelle, le délai court à compter de la publication de l'arrêté au Journal officiel, et sa durée figure dans le contrat. N'attendez pas cet arrêté pour déclarer : une déclaration anticipée ne fait perdre aucun droit, et elle date les dommages.
Comment se protéger, concrètement
Arb'Ouest le répète à chaque diagnostic : la protection d'un propriétaire tient dans des documents datés. Un diagnostic écrit, une facture d'élagage, une photo horodatée pèsent, devant un assureur, infiniment plus qu'une conviction sincère exprimée après coup.
Faites diagnostiquer les sujets à risque, c'est-à-dire les grands arbres proches d'une habitation, d'une limite ou d'une voie. Un diagnostic écrit et daté prouve que vous avez agi en propriétaire diligent, même si l'arbre tombe ensuite.
Conservez les factures d'élagage : elles datent l'entretien et démontrent le suivi.
Photographiez le jardin avant et après chaque tempête. Un dossier photo daté vaut mieux qu'une déclaration.
Agissez enfin sur ce qui vous est signalé. Si un voisin ou un professionnel vous alerte sur un arbre, l'inaction devient une faute caractérisée.
Un diagnostic coûte une fraction du prix d'une toiture refaite. Sur un grand sujet planté au ras de la maison, la dépense se justifie seule.
Un arbre qui inquiète près de la maison ?
Arb'Ouest intervient dans un rayon de 40 km autour de Fouesnant. Maxime Caradec, gérant, est titulaire du CS Taille et Soins des Arbres.
