Arb'Ouest - Élagueur Fouesnant
    Élagage : locataire ou propriétaire, qui doit payer ?
    Réglementation26 juillet 20267 min de lecture

    Élagage : locataire ou propriétaire, qui doit payer ?

    Maxime Caradec - Expert arboriste

    Maxime Caradec

    Fondateur Arb'Ouest, arboriste-grimpeur certifié

    CS Taille et Soins des Arbres• QualiPaysage

    La réponse en bref

    Le décret n°87-712 du 26 août 1987 range l'élagage parmi les réparations locatives : l'entretien courant du jardin, taille et élagage compris, est à la charge du locataire. Cette règle s'arrête là où s'arrête l'entretien courant. Dès qu'il faut un arboriste-grimpeur, une nacelle ou un abattage, la dépense revient au propriétaire.

    Ce que dit le décret de 1987

    Le décret n°87-712 fixe la liste des réparations à la charge du locataire. Son annexe vise expressément les jardins privatifs et mentionne l'entretien courant des allées, pelouses et massifs, ainsi que la taille, l'élagage et l'échenillage des arbres et arbustes.

    La lettre du texte est claire, et c'est bien ce qui crée la confusion. Lue seule, elle semble mettre tout l'élagage sur le dos du locataire, quelle que soit la taille de l'arbre.

    La limite : ce qu'« entretien courant » veut dire

    Les tribunaux ont resserré la portée du texte autour de la notion d'entretien courant. Le locataire doit maintenir le jardin dans l'état où il l'a reçu, avec des moyens ordinaires. Il n'a pas à financer une intervention qui relève de la conservation du bien.

    Le critère que nous utilisons pour orienter nos clients tient en une question : l'intervention est-elle réalisable depuis le sol avec du matériel de jardinage ?

    • Tailler une haie, rabattre des arbustes, entretenir un fruitier de trois mètres : entretien courant, à la charge du locataire.
    • Démonter un pin de dix-huit mètres sur cordes, avec évacuation : hors entretien courant, à la charge du propriétaire.

    Entre les deux, l'appréciation dépend du bail et des circonstances. Un bail qui détaille précisément la répartition évite le litige ; la plupart ne le font pas.

    Ce qui reste au propriétaire dans tous les cas

    Quatre postes relèvent du bailleur sans discussion sérieuse : l'abattage d'un arbre, quelle qu'en soit la raison ; le remplacement d'un sujet mort ou dépérissant ; toute intervention de mise en sécurité sur un arbre dangereux ; et l'élagage de grands sujets nécessitant un professionnel qualifié.

    La logique est celle de l'article 1719 du code civil : le bailleur doit délivrer un logement en bon état et l'y maintenir. Un arbre menaçant relève de cette obligation, pas de l'entretien.

    Ce que le voisin peut exiger, et ce qu'il ne peut pas

    L'article 673 du code civil est net. Celui chez qui avancent les branches du voisin peut le contraindre à les couper, sans avoir le droit de les couper lui-même. En revanche, s'il s'agit de racines, de ronces ou de brindilles, il a le droit de les couper lui-même à la limite séparative.

    Deux précisions que l'on oublie souvent. D'abord, ce droit est imprescriptible : le fait que les branches débordent depuis trente ans ne fait pas naître un droit acquis. Ensuite, les fruits tombés naturellement des branches débordantes appartiennent au voisin chez qui ils tombent.

    Face à une mise en demeure d'un voisin, l'obligation d'élaguer pèse sur le propriétaire de l'arbre. Dans une maison louée, la question du remboursement entre bailleur et locataire se règle ensuite, entre eux, selon les principes ci-dessus.

    Les distances de plantation

    L'article 671 du code civil fixe les distances par rapport à la limite séparative, sauf règlement local ou usage constant contraire :

    • 2 mètres pour les plantations dont la hauteur dépasse deux mètres ;
    • 0,5 mètre pour les autres plantations.

    Un arbre planté trop près peut, en application de l'article 672, faire l'objet d'une demande d'arrachage ou de réduction. La prescription joue toutefois lorsqu'il est en place depuis plus de trente ans.

    En pratique, qui appelle l'élagueur ?

    Dans les faits, c'est presque toujours le propriétaire ou le syndic qui mandate l'entreprise, y compris pour des travaux théoriquement locatifs : le locataire avance rarement plusieurs centaines d'euros sur un bien qui ne lui appartient pas.

    Notre pratique est simple : le devis part au nom de celui qui commande, et il détaille chaque poste. Cette ventilation permet ensuite au bailleur et au locataire de répartir la dépense sans discuter dans le vide.

    Consulter nos tarifs ou nous écrire sur WhatsApp avec une photo de l'arbre pour une estimation sous 24 h.