Arb'Ouest - Élagueur Fouesnant
    Un nid de chenilles processionnaires dans votre arbre : que faire ?
    Ravageurs26 juillet 20267 min de lecture

    Un nid de chenilles processionnaires dans votre arbre : que faire ?

    Maxime Caradec - Expert arboriste

    Maxime Caradec

    Fondateur Arb'Ouest, arboriste-grimpeur certifié

    CS Taille et Soins des Arbres• QualiPaysage

    La réponse en bref

    Un nid de chenilles processionnaires est un cocon blanc, soyeux et opaque, accroché à l'extrémité d'une branche de pin ou de cèdre, généralement en hauteur et côté sud. Il ne se retire ni à la main, ni au jet, ni au fusil. Deux méthodes fonctionnent : le traitement au Bacillus thuringiensis en automne, et l'éco-piège à collerette posé autour du tronc pour capturer les chenilles lors de leur descente.

    Reconnaître un nid, et ne pas le confondre

    Le nid d'hiver est une bourse de soie blanche, dense, de la taille d'un ballon de rugby quand la colonie est installée. Il se distingue d'une simple toile d'araignée par son opacité : on ne voit pas au travers.

    Trois indices confirment le diagnostic. Il est situé en bout de branche, pas contre le tronc. Il est orienté au sud, là où le soleil d'hiver chauffe le plus. Et l'arbre porteur est presque toujours un pin (pin maritime en bord de mer fouesnantais, pin noir, pin sylvestre) ou un cèdre.

    Une variante existe sur les chênes, la processionnaire du chêne, qui ne fabrique pas de bourse aérienne mais des amas plaqués contre le tronc. Le danger est le même.

    Le signe qui ne trompe pas arrive au printemps : la procession. Les chenilles descendent en file indienne, tête contre abdomen, pour aller s'enfouir dans le sol. C'est à ce moment qu'elles sont le plus dangereuses, parce qu'elles sont à portée d'enfants et d'animaux.

    Pourquoi il ne faut jamais y toucher soi-même

    Chaque chenille porte des centaines de milliers de poils urticants microscopiques qu'elle libère dès qu'elle se sent menacée. Ces poils sont volatils : ils se dispersent dans l'air, se déposent sur la peau, dans les yeux et dans les voies respiratoires.

    Les mauvaises idées que nous voyons le plus souvent, et ce qu'elles provoquent :

    • Le jet d'eau à haute pression pulvérise le nid et disperse les poils sur toute la parcelle, y compris sur vous.
    • Le brûlage projette les poils dans les fumées, qui deviennent inhalables.
    • Le tir au fusil, pratique encore répandue, éparpille le contenu du nid au sol, là où passent les enfants et les chiens.
    • Couper la branche sans protection expose directement l'opérateur, et les poils restent actifs plusieurs années dans un nid tombé.

    Retenez surtout ce dernier point : un nid au sol reste dangereux longtemps après la mort des chenilles. Les poils ne se dégradent pas avec elles.

    Les deux méthodes qui fonctionnent réellement

    Le traitement au Bacillus thuringiensis

    Le Bacillus thuringiensis, ou Bt, est une bactérie naturelle présente dans le sol. Ingérée par la chenille au moment où elle se nourrit, elle bloque sa digestion. Elle est sans effet sur les oiseaux, les mammifères et les pollinisateurs.

    Le traitement se pulvérise en automne, quand les colonies sont jeunes et se nourrissent activement. Passé l'hiver, les chenilles mangent moins et le produit perd son intérêt. Tout se joue donc sur la fenêtre d'application.

    Chez Arb'Ouest, un traitement Bt se situe entre 80 et 200 € selon la taille de l'arbre.

    L'éco-piège à collerette

    C'est un collier étanche installé autour du tronc, prolongé par une gouttière qui dirige les chenilles vers un sac de collecte. Quand la procession descend, elle ne peut pas contourner l'obstacle et tombe dans le piège.

    La pose se fait en hiver, avant le déclenchement de la descente. Un piège posé après le début des processions ne rattrape plus grand-chose.

    Comptez 50 à 100 € posé. C'est la solution la plus adaptée quand l'arbre est haut et le nid inaccessible : le piège intercepte la sortie au lieu de traiter le nid.

    Et les mésanges ?

    La mésange charbonnière est l'un des rares prédateurs de la chenille processionnaire, parce qu'elle sait éviter les poils urticants. Installer des nichoirs est une mesure de fond gratuite, qui réduit nettement les récidives. En cas d'infestation déjà installée, elle ne dispense pas d'un traitement.

    Le calendrier en Finistère Sud

    La douceur bretonne décale légèrement le cycle par rapport au sud de la France, mais la logique reste la même.

    • À l'automne, les colonies sont jeunes et actives. C'est la fenêtre du traitement au Bt.
    • En hiver, les nids sont bien visibles sur les arbres dénudés. C'est le moment de les repérer et de poser les éco-pièges.
    • En fin d'hiver et au printemps, les processions descendent. C'est la période la plus risquée pour les enfants et les animaux.
    • En été, les papillons émergent et pondent. Rien à faire, sinon préparer l'automne.

    D'où la règle simple : repérer en hiver, traiter à l'automne suivant. Un nid vu en février se traite en octobre, pas dans l'urgence du printemps.

    Êtes-vous obligé d'intervenir ?

    La chenille processionnaire du pin est classée espèce nuisible à la santé humaine au niveau national. Sur cette base, de nombreuses communes ont pris des arrêtés rendant la lutte obligatoire pour les propriétaires, et le maire dispose de son pouvoir de police générale pour l'imposer.

    Les modalités varient d'une commune à l'autre : renseignez-vous auprès de votre mairie pour connaître ce qui s'applique chez vous. Au-delà de l'obligation, la question de la responsabilité se pose comme pour un arbre dangereux : un propriétaire averti d'une infestation et resté inactif est en position défavorable si un voisin ou un enfant est atteint.

    Voir notre prestation de lutte biologique ou nous envoyer une photo du nid sur WhatsApp pour un avis rapide.