Un nid de chenilles processionnaires dans votre arbre : que faire ?

Arb'Ouest
Élagage et soins aux arbres à Fouesnant, Finistère Sud
Sommaire
La réponse en bref
Un nid de chenilles processionnaires est un cocon de soie blanche, dense et opaque, accroché à l'extrémité d'une branche de pin ou de cèdre, presque toujours du côté sud de l'arbre. Il ne se retire ni à la main, ni au jet, ni au fusil. La bonne séquence tient en trois gestes : le repérer, le photographier de loin, le faire traiter à la saison qui convient. Les méthodes et leurs périodes sont détaillées sur notre page traitement.
À quoi ressemble un nid, exactement
Le nid d'hiver de la processionnaire du pin atteint la taille d'un ballon de rugby quand la colonie est au complet. Sa soie est blanche, épaisse et opaque : c'est le premier critère, celui qui le sépare d'une toile d'araignée, au travers de laquelle on voit toujours le ciel.
Sa position est le critère le plus fiable. Le nid pousse en bout de branche, jamais plaqué contre le tronc, et face au sud, là où le soleil d'hiver chauffe le plus longtemps. Les chenilles ont besoin de cette chaleur pour digérer entre deux sorties nocturnes. Un cocon accroché au nord, ou coincé dans une fourche, n'est pas le leur.
Reste l'arbre porteur. En Finistère Sud, c'est le plus souvent un pin maritime, l'essence qui tient les dunes et borde les jardins du littoral fouesnantais. Le pin noir, le pin sylvestre et le cèdre sont touchés aussi. Un chêne peut abriter une cousine, la processionnaire du chêne, qui ne fabrique pas de bourse aérienne mais des amas gris plaqués le long du tronc et des charpentières. Le danger est le même, la méthode de repérage change : on regarde le tronc, pas la cime.
Le signe qui ne trompe personne arrive en fin d'hiver. Les chenilles descendent en file indienne, tête contre abdomen, parfois sur plusieurs mètres, pour aller s'enfouir dans le sol. Une procession au sol signifie qu'un nid est en place à quelques dizaines de mètres au plus.
Ce qu'on prend pour un nid, à tort
La moitié des photos que nous recevons ne montrent pas de processionnaires. Voici ce qui revient le plus souvent, et comment trancher en dix secondes.
- Une toile d'araignée chargée de rosée. Elle est transparente, elle brille au soleil rasant, et elle disparaît à la première pluie. Le nid de processionnaires ne bouge pas de l'hiver.
- Un nid d'oiseau ou d'écureuil. Fait de brindilles et de mousse, il est logé dans une fourche ou contre le tronc, jamais suspendu au bout d'un rameau souple.
- Une touffe de gui. Verte, vivante, en boule régulière. Le gui pousse sur les pommiers, les peupliers et les tilleuls, pas sur les pins.
- Des cocons d'hyponomeute sur une haie de fusain, d'aubépine ou de prunier. C'est bien de la soie, mais elle emballe le rameau entier au lieu de former une bourse compacte, et l'insecte n'est pas urticant. Spectaculaire, sans gravité.
- Un nid vide de l'an dernier. Grisâtre, déchiré, souvent à moitié décroché. Celui-là mérite attention : il n'abrite plus rien mais il est toujours bourré de poils urticants.
Retenez ce dernier point, c'est le piège classique. Un nid mort n'est pas un nid inoffensif.
Où regarder, et à quel moment de l'année
Le pin garde ses aiguilles toute l'année, donc le nid ne se découvre pas à la chute des feuilles comme celui d'un frelon. Ce qui change avec la saison, c'est sa taille et sa blancheur.
De décembre à février, la colonie est au maximum et le cocon est le plus visible. C'est la fenêtre d'observation, et c'est aussi la période où Maxime Caradec est le plus sollicité : les demandes de devis prennent une semaine à revenir, contre 72 heures le reste de l'année.
En juillet, un pin sans nid n'est pas un pin sain. Les nids de l'hiver précédent ont disparu, les papillons volent, la ponte de l'année est déjà déposée en petits manchons d'œufs le long des aiguilles. Le nid de l'hiver prochain n'existe simplement pas encore.
Concrètement : placez-vous au sud de l'arbre, reculez de quinze ou vingt mètres, et regardez les extrémités de branches à contre-jour. Une paire de jumelles fait le reste. Sur une parcelle du littoral, commencez par les pins de limite séparative et les alignements de bord de route : isolés, exposés, ils sont infestés avant ceux du cœur de jardin.
La photo qui suffit à trancher
Arb'Ouest confirme la plupart des diagnostics de chenilles processionnaires sur photo, sans déplacement. Il en faut deux : l'arbre entier, pour l'essence et la hauteur, puis un zoom sur le cocon. Un repère d'échelle dans le cadre aide beaucoup, un portail, une voiture, une fenêtre. Prenez-les depuis le sol, à distance, sans jamais secouer la branche.
Ce qu'une bonne photo permet de dire tout de suite : si c'est bien une processionnaire, si le nid est actif ou vide, à quelle hauteur il se trouve, et donc si l'arbre est traitable au sol ou demande une corde. Ce qu'elle ne permet pas de dire : le prix. Le traitement des chenilles ne figure pas à la grille tarifaire d'Arb'Ouest, il se chiffre après examen, et le déplacement de devis est gratuit dans le rayon de 40 km autour de Fouesnant.
Pourquoi on ne s'en approche pas
La chenille processionnaire libère ses poils urticants sans qu'on la touche. Un coup de vent, une tondeuse ou un souffleur passés sous l'arbre suffisent à les remettre en suspension, et ils voyagent. C'est pourquoi le conseil « ne touchez pas » est en réalité un conseil « ne dérangez pas », ce qui n'est pas la même consigne.
Les poils survivent aussi à l'insecte. Un nid tombé l'hiver dernier pique encore l'hiver prochain, et un enfant qui ramasse ce qui ressemble à un morceau de coton ne fait pas la différence.
Arroser, brûler, tirer au fusil ou couper la branche sans protection aggravent tous la situation au lieu de la régler. Le détail de ce que chacun de ces gestes provoque est expliqué sur la page traitement des chenilles processionnaires, avec les méthodes qui, elles, fonctionnent.
Êtes-vous obligé de faire traiter ?
La réglementation française range la processionnaire du pin parmi les espèces nuisibles à la santé humaine. Sur ce fondement, un maire peut imposer la lutte aux propriétaires de sa commune, et beaucoup l'ont fait par arrêté municipal. Les obligations et les délais changent d'une commune à l'autre : le seul réflexe utile est d'appeler votre mairie avant d'engager quoi que ce soit.
Au-delà de l'arrêté, il y a la responsabilité ordinaire du propriétaire, celle qui vaut déjà pour un arbre au bois abîmé. Un propriétaire averti d'une infestation et resté inactif se défend mal si un voisin, un enfant ou un chien est atteint. L'inverse est vrai aussi : un devis daté et une intervention programmée sont la meilleure preuve de diligence qui soit.
Le traitement s'inscrit dans notre démarche de lutte biologique. Envoyez vos deux photos par le formulaire du site ou sur WhatsApp : la réponse part sans déplacement quand le diagnostic est évident.
Un nid repéré dans un pin ?
Arb'Ouest intervient dans un rayon de 40 km autour de Fouesnant. Maxime Caradec, gérant, est titulaire du CS Taille et Soins des Arbres.
