Pièges à chenilles processionnaires : ce qui marche vraiment

Maxime Caradec
Fondateur Arb'Ouest, arboriste-grimpeur certifié
Sommaire
La réponse en bref
Deux pièges différents, deux cibles différentes. L'éco-piège à collerette se pose en hiver autour du tronc et intercepte les chenilles pendant leur descente : c'est le seul qui protège un jardin où passent des enfants ou un chien. Le piège à phéromones se pose en été et capture les papillons mâles : il réduit la ponte de l'année suivante, sans rien changer à la situation immédiate.
L'éco-piège à collerette
Un collier étanche ceinture le tronc, relié à une gouttière qui descend vers un sac de collecte rempli de terre. Quand la procession quitte le nid pour s'enfouir, elle suit le tronc, rencontre l'obstacle, et finit dans le sac.
Ce qui fait qu'il marche ou non, c'est la pose. Le collier doit épouser parfaitement l'écorce : la moindre anfractuosité laissée libre devient un passage, et les chenilles la trouvent. Sur un pin maritime, dont l'écorce est profondément crevassée et qui domine le littoral fouesnantais, le mastic d'étanchéité sépare le piège efficace du piège décoratif.
Le moment compte tout autant. Il se pose en hiver, avant le déclenchement des processions. Posé après, il ne rattrape que les retardataires.
Chez Arb'Ouest, comptez 50 à 100 € posé.
Le piège à phéromones
Il diffuse la phéromone sexuelle de la femelle et attire les papillons mâles, qui restent piégés. Moins de mâles, moins de fécondations, moins de nids l'hiver suivant.
Il se pose en été, pendant le vol des adultes. C'est un outil de fond et de surveillance : il vous dit si la pression augmente ou diminue d'une année sur l'autre.
Sa limite doit être claire : il n'a aucun effet sur les chenilles déjà installées. Si vous avez un nid dans un pin aujourd'hui, le piège à phéromones ne vous sera d'aucun secours cette saison.
Les montages faits maison
Les tutoriels abondent : bouteille plastique découpée, bâche agrafée, mousse expansive. Le principe, intercepter la descente, est juste. Trois écueils reviennent pourtant systématiquement.
L'étanchéité. C'est le point qui fait échouer la quasi-totalité des montages improvisés. Une chenille passe par un interstice de deux millimètres.
Le volume de collecte. Une colonie compte plusieurs centaines d'individus. Une bouteille de récupération sature, déborde, et les chenilles ressortent au sol, exactement là où on ne les voulait pas.
La manipulation. C'est le plus grave. Il faudra vider ce piège, et le contenu est bourré de poils urticants restés actifs. Sans combinaison ni protection respiratoire, l'opération est plus risquée que le problème d'origine.
Un piège maison mal étanche est pire que pas de piège : il donne le sentiment que le problème est réglé alors que les chenilles continuent de descendre.
Lequel pour votre situation
- Un nid visible et des enfants ou un chien : éco-piège à collerette en hiver, sans hésiter. C'est le seul qui empêche physiquement l'arrivée au sol.
- Un nid accessible et aucune urgence : traitement au Bacillus thuringiensis à l'automne suivant. On traite la colonie plutôt que la sortie.
- Aucun nid cette année mais des voisins touchés : piège à phéromones en été et nichoirs à mésanges, en prévention.
- Plusieurs pins infestés : combinaison des trois, échelonnée sur l'année.
Le plus efficace reste de faire regarder l'arbre avant de choisir : la hauteur du nid, l'essence et l'état de l'écorce déterminent ce qui est réellement posable.
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