Nid de frelons asiatiques : le reconnaître et qui appeler

Maxime Caradec
Fondateur Arb'Ouest, arboriste-grimpeur certifié
Sommaire
Arb'Ouest ne détruit pas les nids de frelons. Nous sommes élagueurs-arboristes : la destruction relève d'un désinsectiseur titulaire du Certibiocide. Cet article explique comment reconnaître un nid et qui contacter, parce que c'est une question qu'on nous pose sur presque tous les chantiers.
La réponse en bref
Un nid de frelons asiatiques en activité ne se traite jamais soi-même. La marche à suivre : ne pas s'approcher à moins de cinq mètres, photographier de loin pour confirmer l'espèce, puis appeler la mairie. Beaucoup de communes tiennent un référencement, et certaines participent aux frais. Un nid abandonné en hiver, en revanche, ne présente aucun danger et ne se détruit pas : il ne sera pas réoccupé.
Qui appeler, dans l'ordre
C'est la question la plus posée, et l'ordre compte.
1. Votre mairie, d'abord. Les communes tiennent souvent un recensement des nids signalés, et beaucoup ont conventionné des entreprises ou participent financièrement à la destruction. Les dispositifs varient d'une commune à l'autre et changent d'une année sur l'autre : c'est le premier appel à passer, avant d'engager des frais.
2. Un désinsectiseur titulaire du Certibiocide. C'est la certification obligatoire pour l'application professionnelle de produits biocides. Un intervenant qui ne peut pas la justifier n'a pas le droit de traiter. Demandez-la, et demandez aussi comment le nid sera récupéré après traitement.
3. Les pompiers, uniquement en cas de danger immédiat pour des personnes. Nid dans une école, dans un lieu public fréquenté, ou personne piquée présentant une réaction. Les services de secours n'interviennent plus systématiquement pour les nids de frelons sur propriété privée : ce n'est pas de leur ressort, sauf urgence caractérisée.
Sur la question du coût, une précision utile : la destruction d'un nid haut perché mobilise une perche télescopique et un opérateur équipé. Le tarif dépend surtout de la hauteur et de l'accessibilité, comme pour un chantier d'élagage.
Frelon asiatique ou frelon européen ? La confusion est fréquente
Beaucoup de nids détruits chaque année sont des nids de frelons européens, une espèce indigène et utile, qu'il ne faut pas confondre avec l'asiatique. Trois critères permettent de trancher sans s'approcher.
L'insecte
Le frelon asiatique est plus petit que l'européen, avec un thorax noir et des pattes jaunes bien visibles en vol. C'est le signe le plus fiable à distance. Le frelon européen est plus gros, brun et jaune, avec une allure de très grosse guêpe.
Le nid
Le critère décisif est l'ouverture. Le nid de frelon asiatique a une entrée latérale, sur le côté. Le nid de frelon européen a une ouverture par le bas. C'est observable aux jumelles, sans approcher.
La forme diffère aussi : le nid asiatique est sphérique ou en forme de poire, souvent très haut dans un arbre, et peut dépasser 70 cm. L'européen est plus petit et privilégie les cavités : tronc creux, grenier, abri de jardin.
Le comportement
Le frelon européen vole volontiers la nuit et est attiré par la lumière. Le frelon asiatique est diurne : il ne vole pas la nuit. Un gros insecte qui se cogne à votre fenêtre le soir n'est pas un frelon asiatique.
Nid primaire et nid secondaire : deux moments, deux difficultés
Le cycle explique pourquoi le même nid ne se traite pas de la même façon selon la saison.
Le nid primaire apparaît au printemps. Une fondatrice sortie d'hibernation le construit seule : il est petit, de la taille d'une orange puis d'un ballon, et surtout bas et abrité, sous un auvent, dans un abri de jardin, sous une charpente, dans un cabanon.
C'est le moment le plus favorable pour intervenir : la colonie est réduite, le nid accessible, et sa destruction évite la colonie entière de l'été. Signalez tout nid primaire repéré au printemps, même minuscule.
Le nid secondaire apparaît en été. La colonie ayant grossi, elle déménage et reconstruit en hauteur, souvent à quinze ou vingt mètres dans un arbre, parfois invisible depuis le sol tant que les feuilles sont là. C'est celui qui pose problème : gros, haut, difficile d'accès, et défendu par plusieurs milliers d'individus en fin de saison.
Comment repérer un nid qu'on ne voit pas
En été, le feuillage masque presque tous les nids secondaires. Deux méthodes, sans s'approcher d'aucun arbre.
Observer le trafic. Un nid actif génère un va-et-vient constant et rectiligne. Postez-vous en fin de matinée par temps clair et suivez la trajectoire des insectes : elle pointe vers le nid.
Attendre la chute des feuilles. À l'automne, les nids deviennent brutalement visibles. C'est pourquoi beaucoup sont signalés en novembre, alors qu'ils sont déjà en fin de vie.
Lors d'un élagage ou d'un abattage, le grimpeur voit ce que personne ne voit depuis le sol. C'est d'ailleurs comme ça que nous repérons la plupart des nids signalés à nos clients.
Le nid d'hiver ne se détruit pas
C'est l'information qui économise le plus d'argent inutile, et elle est mal connue.
Un nid de frelons asiatiques n'est jamais réoccupé l'année suivante. La colonie meurt aux premiers froids ; seules les futures fondatrices survivent, dispersées, et chacune construira un nid neuf ailleurs au printemps.
Un nid découvert en décembre dans un arbre dénudé est donc vide et inoffensif. Le faire détruire ne sert à rien. Il se dégradera seul aux intempéries, ou pourra être décroché tranquillement lors d'un prochain passage d'élagage.
La seule chose à faire d'un nid d'hiver, c'est le signaler à la mairie : il indique la présence de fondatrices dans le secteur, et oriente la surveillance des nids primaires au printemps suivant.
Ce qu'il ne faut jamais faire
Les frelons asiatiques défendent leur nid collectivement, sur un rayon d'environ cinq mètres, et poursuivent. Le danger vient des piqûres multiples bien plus que de la piqûre isolée.
- Ne jamais tirer au fusil. Le nid éclate, la colonie se disperse en attaquant, et le tireur est au centre.
- Ne jamais brûler. Risque d'incendie dans un arbre, et la colonie survit largement.
- Ne jamais pulvériser un insecticide du commerce. Il n'atteint pas le cœur du nid, énerve la colonie, et vous laisse à découvert.
- Ne jamais boucher l'entrée. Ils sortent par ailleurs, et parfois par l'intérieur de la maison si le nid est dans une cavité.
- Ne jamais monter dans l'arbre. Se retrouver à quinze mètres, encordé, avec une colonie en alerte, est une situation dont on ne descend pas vite.
Et une règle qui vaut pour tout : la destruction se fait en fin de journée ou de nuit, quand toutes les ouvrières sont rentrées. Une intervention en pleine journée laisse dehors des centaines d'individus qui reconstruiront ailleurs.
Ce que fait un arboriste, et ce qu'il ne fait pas
La répartition des rôles mérite d'être posée, parce que la confusion coûte du temps aux propriétaires.
Nous ne détruisons pas les nids. Cela demande le Certibiocide et un matériel de traitement que nous n'avons pas. Un élagueur qui vous propose de détruire un nid sans cette certification travaille hors cadre.
Ce que nous faisons, en revanche :
- Repérer. En hauteur pendant un chantier, nous voyons les nids invisibles depuis le sol. Nous les signalons systématiquement à nos clients.
- Décrocher après traitement. Une fois la colonie neutralisée par un professionnel habilité, retirer le nid et la branche relève du travail d'arboriste : accès sur cordes, coupe, descente en sécurité.
- Retirer un nid d'hiver lors d'un élagage, quand il est vide et que le client préfère ne pas le voir.
- Rendre un arbre accessible au désinsectiseur quand la hauteur ou la configuration l'exigent.
Si vous avez un nid actif : appelez votre mairie. Si vous avez besoin d'un arboriste avant ou après l'intervention, voici nos tarifs, ou envoyez-nous une photo de l'arbre sur WhatsApp.
